
Il ne s'agit pas à proprement parler d'un film dans ce commentaire : mais de la fronde qui s'est étendue cette semaine dans tous les médias. Et dont la création d'un musée de l'immigration a été le ferment. Les médias sont puissants dans la bêtise, ils peuvent aussi l'être dans l'intelligence, la révolte. Ils forgent une opinion. Ils façonnent aussi notre "identité".
La première fois que le mot identité a résonné dans mon esprit c'est dans l'utilisation de la notion de peuple que Elie Faure. Il l'a utilisée pour trouver au niveau artistique quel était l'esprit des peuples. J'ai reconnu que nous sommes pris dans un ferment culturel puissant.
Les médias créent des images visuelles et sonores. Ils transforment les mots en images. Alors que les mots donnent l'apparence d'être sans imaginaire, ils en montrent au contraire la teneur. Ils en montrent aussi l’institution (c’est le cas de le dire), ils les retournent. Cette déconstruction n'est pas l'affaire de spécialistes seulement, mais devient l'affaire de tous.En voici quelques uns : ADN, GENETIQUE IMMIGRATION, MINISTERE, CONTROLE, FAUX CHOMEURS, En quelques mots nous avons tous les dangers et les défis que nous adressent notre monde. Et avec eux la colère qui gronde.
Qu'est-ce que nous entendons par "le" politique ? Personne ne peut avoir la propriété de la réponse à cette question. C'est pour cela que nous voulons la poser dans un débat.
et déjà cela pose les conditions d'un problème. En effet celui qui pose la question, pose aussi simultanément le cadre d'un débat. Il en donne le cadre, les termes.
Pourtant il faut bien, et c'est ce que font les hommes politiques que nous posons la question si nous voulons agir. Voilà un paradoxe : la démocratie est le pouvoir de tous, mais ce pouvoir n'est possible que par le pouvoir de chacun. Par sa façon d'infléchir la chose mis en commun.
La question simultanément adressée à tous, elle est aussi la propriété de tous. Uniquement dans la mesure où, paradoxe, nous sommes intimement concernée par elle. Que nous en faisons une question personnelle. Qui engage notre destin, notre horizon, notre façon de nous positionner et d'agir à la fois personnelle et collective.
Cela renvoie à traiter une question qui s'adresse à nous de façon personnelle et collective, celle de notre participation à la société. Quand un homme politique, peu importe les responsabilités dont il est investit, institue un ministère dit de "l'identité française et de l'immigration", dans son énoncé il répond à la question à la place des autres. Ce n'est pas comme on dit dans l'esprit d'un rassemblement, d'un traitement à égalité de toute forme de vie. Peu importe les responsabilités, cet homme, Nicolas Sarkozy, se veut plus responsable que nous de ce que nous sommes et de comment nous devons vivre avec les autres. Cet homme nous dépossède de la question.
De cette façon, "la"politique pourrait-elle être entendue comme une façon d'obturer de fermer la question : « du » politique ? J’ai un autre point de vue. Poser la question du politique c'est aussi bien poser la question des rapports de la société civile à ses institutions.
Il s'agit d'une pensée et d'une action. D'une pensée active et versus, d'une action réfléchie.
Alain Arnaud